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FLASH INFO 

Art Croissanceune nouvelle équipe, de nouveaux sujets, une nouvelle formule web gratuite ! 

Désormais de périodicité semestrielle, Art Croissance affirme sa volonté de partager la passion de l'art contemporain sans modération aucune en offrant une nouvelle formule web entièrement gratuite ! 

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Art robotique : une exposition d’envergure, à la croisée entre art, science et technologie...

Nous est livré durant neuf mois (08 / 04 / 2014 au 04 / 01 / 2015) et sur un espace de 1 600 m2 un univers fascinant unifiant art, science et technologie. Une vingtaine d’œuvres spectaculaires, la plupart sont inédites pour le public tricolore, investissent donc La Cité des sciences et de l’industrie… Au programme : une dizaine d’artistes ou collectifs d’artistes de renommée internationale sont ici réunis autour d’une vingtaine d’œuvres dont certaines sont des exclusivités mondiales. Le public ne restera pas insensible face aux créations majeures s’emparant du hall ainsi que de la passerelle centrale de la Cité : Animaris Adulari, l’une des imposantes créatures de plage de Theo Jansen, et Totemobile de Chico MacMurtrie/ARW qui, sous l’apparence initiale de notre mythique Citroën DS, livre une œuvre totémique monumentale de pas moins de 18 mètres de haut. N’en oublions pas pour autant les nombreuses installations et œuvres robotiques où l’homme s’allie à la machine ainsi qu’à la technologie pour faire reculer les limites de la création… Comme par exemple le Chemin de Damastès de Jean Michel Bruyère/LFKs (France) mettant en scène des lits d’hôpital contrôlés par ordinateur se levant et se soulevant pour créer au final une gigantesque respiration à l’unisson ; The Big Picture, du collectif robotlab (Allemagne), avec son robot-peintre réalisant seul une œuvre picturale grand format durant les neuf mois de l’exposition… De plus, sur place et pendant toute la durée de l’exposition, un atelier de médiation présente trois animations invitant à s’interroger sur l’aspect sociologique et scientifique des robots « Balade 2.0 », mais aussi  la visite de l’exposition par le robot Nao ; « L’Ère des robots » pour en savoir plus sur ces futurs compagnons du quotidien nommés Nao, Virgule ou Poppy, et enfin « Robot³ », afin d’explorer les fonctions premières de la robotique à travers la construction d’un robot modulaire. Enfin, et pour les plus curieux, entre les animations un film donne à voir les coulisses du montage de l’exposition ainsi que les interviews des artistes représentés… Le futur de l’art, pour ne pas dire le présent, a-t-il rendez-vous avec La Cité des sciences et de l’industrie ? A vous de juger.

 


 

 

Le MétaHisme, ou la représentation originelle du TOUT...

Par Romain d'Ignazio

A l'heure où le clonage culturel semble investir la planète et où la singularité est une contrainte pour tout créateur désirant intégrer le marché, rare sont les artistes contemporains qui s'aventurent à créer un univers où la classification n'est pas de mise. C'est le cas de Patrick Laumond dont l'univers prend source dans une forme de paradigme fantasmé tout autant qu'élaboré ; ouvert à l'infini, errant dans les champs du possible qu'offre notre cortex (tout autant destructeur, profanateur que bénéfique à l'évolution), il fusionne afin de façonner un Grand TOUT... Ses oeuvres ayant été accouchées à l'aide des forceps résultant de longues recherches issues de disciplines et courants de pensée tout aussi complémentaires qu'en opposition formelle ou factuelle, Laumond ne craint ni les paradoxes ni les procréations artistiques que tout semblaient opposer. Recherchant l'universel tout autant que l'universalité, il s'essaie à relier et fusionner les contraires, recherche une forme de pensée absolue... Appréhendant à sa manière le volume, l'espace, le vide, les couleurs, le son, les allégories,le spirituel, le langage, les sciences... sa vision joue avec nos sens ainsi qu'avec l'atavisme du spectateur. Sa démarche, qui est celle d'une vie, porte un nom : le MétaHisme. Une interview lui sera dédiée dans le prochain numéro d'Art Croissance... 

 


 

Marionnette's band à Saint-Merry

Par Adeline Christova

Tout ceci se déroule à l'Eglise Saint-Merry. Paris, quatrième arrondissement, à deux pas de Beaubourg. L'Église Saint-Merry est une église... pas tout à fait comme les autres. Dans son ventre maternel elle abrite chercheurs de lumière, visiteurs égarés, touristes et amoureux de l'histoire... Mais pas seulement ! Entre ses travées et ses arcades poussent comme des champignons des oeuvres d'art, là où l'on s'y attend le moins... Il n'y a rien à faire, l'église est habitée par la chose artistique. Tout au long de l'année : des expositions, des concerts et des spectacles s'en suivent. Les oeuvres "attrapent" le regard du visiteur par surprise, jouant souvent avec lui à cache cache... Entre ciel et terre, verticale et horizontale, l'espace entier s'ouvre généreusement à la création contemporaine. 

C'est ici aussi que le metteur en scène Miguel Torres étend les racines de son théâtre de marionnettes... Ces racines étranges surgissent de la cave de l'Eglise... Tout au fond, dans les labyrinthes souterrains - pleins de surprises et d'histoires -, demeurent les marionnettes de Miguel Torres. En compagnie de leur créateur, ces marionnettes habitent et sont habitées par l'église... Il s'agit, d'une "bande" de jumeaux en résine à l'expressivité troublante. Assis tranquillement dans l'ombre, en attendant le prochain spectacle et de pouvoir déambuler dans le lieu de culte, les marionnettes se reposent... Mi-homme, mi-femme, ce même visage de réincarnation de la vieillesse, ouvrira alors la porte de l'enfance et invitant peurs, fantômes ainsi qu'émerveillements... Ce qui est important pour Miguel Torres dans la mise en scène c'est l'idée "que le spectateur puisse être témoin de quelque chose qu'il ne voulait pas voir ". Ainsi l'ironie et l'humour noir, ce couple parfait, deviennent maître de cérémonie. "Le théâtre est toujours une passion incompréhensible ; à la fois constante et énigmatique" me dit Miguel Torres, puis confirme : "cela peut être une folie sans fin pour l’artiste...

Pas de récit classique pour les scénographies de Miguel Torres, il s'agit pour lui "de présenter de manière esthétique ses points de vue en prenant bien soin d'éviter le langage direct..." Pourtant, sans qu'elle soit racontée par les mots, nous retrouvons au coeur de son théâtre la très vielle histoire de l'humanité, celle qui ce passe du langage, celle qui est et demeure par delà les mots... Juste une histoire du vieillissement, de présence, puis d'absence. Une histoire qui contient l'humanité toute entière dans un petit morceau de théâtre... Sous la pulsion de leur créateur, les marionnettes déambulent, dansent et se jouent de la mort... Cette mort apprivoisée qui aime le théâtre, l'avant-garde et le butō. Frayeur, fragilité, compassion et violence festoient alors au milieu de nos incertitudes. Sans nous regarder, les marionnettes de Miguel Torres marchent dans le noir. Toujours dans le noir. Le spectateur reprend son souffle avant de jeter un oeil hésitant à travers la serrure de son enfance. Chttttt... Que le spectacle commence ! 

 


 

Les « Etat-morphose(s) » de Sophie Dupey et Richard Morice investissent La Plantation, une résidence d'arts plastiques à Pékin !

Par Thierry Nossin

Etat-morphose à Pékin, est né de la rencontre entre les plasticiens Sophie Dupey et Richard Morice avec le producteur de spectacles Thierry Nossin, le violoncelliste Didier Petit et Philippe Bouvet, directeur d’un splendide lieu consacré à des résidences d’artistes, La Plantation à Pékin. La volonté des intéressés, la mixité des parcours et des compétences sont apparues comme un gage de créativité et de productivité.

Le choix de Pékin tient autant à la réputation de la ville pour sa richesse en lieux dédiés à l’art contemporain qu’aux liens de parenté existant entre le travail des deux plasticiens français avec celui de leurs homologues chinois et asiatiques en général. La Plantation, par sa programmation pluridisciplinaire, est le lieu en parfaite adéquation avec les exigences de cette résidence d’artistes.

Etat-morphose sera conçu et réalisé essentiellement en Chine, les oeuvres étant réalisées sur des supports et des matières premières trouvés sur place. Les « modèles » ne sont autres que les visiteurs de l’exposition ou des personnes rencontrées pendant le séjour, les scans de leur visage servant de base à l’oeuvre en devenir. Etat-morphose est définitivement une exposition interactive, à géométrie variable et en permanente évolution.

 


 

 ZAHRA-KHAZAF, une série d’œuvres en métal émaillé réalisée à l’abbaye de Ligugé (Poitou) par l'artiste Younès Rahmoun

L’artiste marocain Younès Rahmoun, dont toute la démarche s’inspire de l'islam, présente une série d'oeuvres en métal émaillé réalisées à l'abbaye de Ligugé près de Poitiers, où les moines bénédictins sont connus pour leur métal émaillé. Ils réalisent traditionnellement des icônes ou autres figures pieuses. Ils collaborent également depuis des décennies avec des artistes comme en témoigne le musée où figurent des pièces de Picasso, Braque, Rouault… 

Dans le cadre d'un projet de TALMART GALERIE, Younès Rahmoun y a réalisé une interprétation sur émail de sa série Zahra (77 fleurs) qui, en islam, correspondent aux 77 branches de la foi. Elles renvoient à un ensemble de préceptes religieux, allant de principes dogmatiques (l’unicité de Dieu, le devoir des 5 prières…) aux gestes vertueux universels (veiller à son prochain, etc.). En 2010 déjà, ces 77 fleurs ont été matérialisées par l’artiste dans une installation en verre soufflé intitulée Zahra-Zoujaj acquise par le musée de Doha (Qatar). 

Pour l’interprétation en métal émaillé dans l'atelier des frères bénédictins de Saint-Martin de Ligugé, Younès Rahmoun s'est fait aider du père Vincent Desprez, moine émailleur et savant maîtrisant les langues sémitiques, ouvert sur l’islam. Ce dernier a en effet entretenu par le passé une longue correspondance avec le frère Christian, célèbre prieur de Tibhérine assassiné en Algérie avec ses frères. L'arrivée de Younès dans l’abbaye de Ligugé était un écho réel aux échanges avec le père islamophile. Les préoccupations communes à l’artiste marocain et au père, de chercher l'unité dans la diversité, à travers une multitude de fleurs qui s'épanouissent dans le même jardin, résonnaient étonnamment dans cette clôture. 

La résidence au monastère a abouti à 77 fleurs d'émail (Zahra-Khazaf) réparties sur 10 disques de cuivre émaillé de 30 cm de diamètre. L'oeuvre est faite d'émaux transparents, ce qui rend l'effet de membrane et de matrice. "Rahma", en arabe, signifie la "matrice", les "entrailles" et la prière coranique commence toujours par "Bismillah el-rahman el-rahim", deux mots sur la racine de "Rahma" et qu'on traduit généralement par "Au nom de Dieu le miséricordieux". C'est l'approche matricielle de l’islam que défend Younès Rahmoun dans cette oeuvre. 

Les dix disques émaillés sont inséparables et constituent une installation ordonnée selon une répartition circulaire précise des branches de la foi. Cinq autres pièces ont été réalisées montrant une fleur unique, renvoyant à l’Un et qui peuvent être présentées individuellement. Enfin, une série de 10 dessins au crayon sur papier coton complète le projet. Elle s’intitule Badhra-Zahra (Graine-fleur), et chaque fleur est un rappel de la fleur émaillée.